Dans la première partie de cet article, nous avons vu comment les contes de fées peuvent nous parler des réalités du Ciel et nous encourager dans les épreuves.

Nous allons maintenant nous pencher plus spécialement sur quelques contes de Perrault, Grimm et Andersen qui ont beaucoup à nous dire sur la vie spirituelle...

Peut-être même nous aideront-ils à comprendre certains passages de l'évangile !

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La vertu dans la vie ordinaire, un élément récurrent du conte de fées

Dans ses Lettres spirituelles, Charles Journet cite un poème de Verlaine :

« La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour. »

Sagesse, poème VIII

Ce vers s'applique bien aux héroïnes de conte de fées, car si on examine un peu les récits dans lesquels elles apparaissent, on verra qu'elles mènent une vie fort simple, et qu’elles ne font absolument rien d’extraordinaire !

Blanche-Neige fait la cuisine et le ménage chez les nains, en échange du gîte et du couvert.

Dans un conte d’Andersen, la petite Poucette, appelée ainsi à cause de sa très petite taille, trouve refuge dans un trou de souris (littéralement) où elle tient compagnie à l’habitante des lieux en faisant le ménage et en la divertissant avec des histoires.

Cendrillon est occupée du matin au soir à tenir la maison et à servir ses sœurs et sa belle-mère.

Belle, qui a dû déménager à la campagne après que son père a soudainement perdu tous ses biens, apprend à se faire à la vie paysanne et s’applique à aider sa famille pour gagner de quoi vivre (Cf. La belle et la bête de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont).

Ce que je constate

Nous n’avons pas besoin de relever des défis exceptionnels pour porter du fruit et être agréables à Dieu.

Regardez la part qui revient à nos héroïnes : pas de dragon à occire, pas de haute mission à accomplir… Nous sommes loin de la gloire, des actions éclatantes, et des grands idéaux.

Tout ce que nous voyons, ce sont des âmes qui, dans le concret de leur vie, se dévouent pour accomplir au quotidien, du mieux qu’elles le peuvent, le travail qui est le leur, en tâchant de faire preuve de bonté et de persévérance.

Souvent, leur horizon est limité, et leur activité très humble.  

Qui pourrait percevoir la bravoure qui se cache dans leur vie banale et pour ainsi dire invisible ?

Qui, à part, évidemment… le Seigneur ?

La rencontre avec le prince charmant

à ce propos, j’aimerais vous raconter un petit passage du conte Peau d’Ane, qui m’a instruite sur la vie avec Dieu bien mieux que des ouvrages spirituels :

conte de fées perrault

On se souvient que la jeune princesse, méconnaissable sous sa peau de bête, travaillait comme servante dans une ferme où son aspect repoussant lui valait toutes sortes de rebuffades.

Le dimanche, elle avait pris l’habitude de se retirer dans sa chambre et après avoir fermé la porte, elle revêtait les riches parures qu’elle tenait de son père et que, grâce à sa marraine la bonne fée, elle avait pu emporter avec elle.

Elle prenait plaisir à se regarder, non par vanité, oserais-je avancer, mais parce qu’alors elle retrouvait son identité et sa dignité de princesse, des choses que son exil, son dur labeur et les moqueries dont elle était l’objet auraient pu lui faire oublier.

Cette douce vision, précise Perrault, la nourrissait pour ainsi dire et lui permettait de tenir le coup.

prince charmant perrault

Un jour, un prince qui était là en visite s’aventura dans la basse-cour où elle vivait, et par le trou de la serrure, il la vit ainsi parée, dans tout l’éclat de sa beauté. 

Le cœur bien vite épris, il s’informa pour savoir qui était cette personne qui habitait au fond d’une allée obscure.

On lui répondit que c’était Peau d’Ane, et on lui dit qu’elle n’était point belle, mais au contraire laide à faire peur.

Mais le prince ne voulut pas croire cette dernière information, car il se souvenait trop bien de la ravissante créature qui avait frappé son regard.

Et dès lors, il chercha à la retrouver.

 

Une visite secrète mais pas indiscrète

Cette histoire a beaucoup de points communs avec celle de Cendrillon, sauf qu’ici ce n’est pas la jeune fille qui va au prince, mais le prince qui la découvre dans son humble retraite.

Et justement, cette différence m’a donné une idée.

Je me suis souvenue de cette parole de l’évangile : « Toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le secret » (Matthieu 6.6)

N’est-ce pas cette solitude-là que recherche Peau d’Ane ?

Il  me semble que l’on peut voir un parallèle entre notre âme en prière et Peau d’Ane qui revêt ses habits de princesse.

Lorsque Peau d’Ane met ses beaux atours, son image lui montre qu’elle n’a rien perdu de sa valeur, quoi que le monde en dise (pour ma part, je pense même que les épreuves qu’elle a traversées l’ont rehaussée). 

De même, lorsque nous prions, nous sommes reliés à Dieu et ce contact nous renvoie en quelque sorte la noblesse de notre âme…

Doit-on s’étonner que le prince, je veux dire le Christ, le Seigneur, soit présent dans cette intimité, et  qu’il contemple la vraie beauté de cette âme que nul autre ne connaît ?

La piété de Cendrillon

Savez-vous que dans la version de Cendrillon écrite par les frères Grimm, la mère de la petite lui fait une recommandation avant de mourir ?

« Chère enfant, reste bonne et pieuse, et le bon Dieu t’aidera toujours, et moi, du haut du ciel, je te regarderai et te protégerai. »

C’est sans doute le secret de sa force : tout comme Peau d’Ane se rappelle qu’elle reste une princesse malgré sa misérable condition, Cendrillon, de manière plus explicite, se rappelle qu’elle tient sa vie de Dieu…

Ainsi, son univers ne se réduit pas à son quotidien malheureux ou aux difficultés qu’elle traverse, car elle sait que le Seigneur, qui est le maître de toutes choses, prend sa cause en main ; et elle se confie en Lui.

Quand on a conscience de pouvoir compter sur un aussi puissant appui, n’est-on pas plus enclin à supporter avec courage les épreuves de la vie et à traiter les autres avec douceur ?

conte de fées grimm

Sa relation à Dieu nourrit ses actes de bonté et, en retour, ses actes de bonté nourrissent sa relation à Dieu.

En effet, en choisissant comme dit St Paul « d’être vainqueur du mal par le bien » (Romains 12.21), Cendrillon travaille, selon ses moyens, à rester digne du Seigneur qui l’a faite à son image. 

C’est ce qui lui permet de ne pas devenir amère  ni mauvaise, et plus encore, de montrer une âme noble et belle… au point de conquérir le cœur d’un prince !

Et si nous en prenions de la graine ?

Quand la bonne volonté fait place à la grâce

Oui mais parfois, nous avons l’impression que tous nos efforts ne servent à rien.

Nous avons beau faire tout ce que nous pouvons pour agir au mieux et nous efforcer de garder patience, courage et espérance, nous ne voyons aucune amélioration, aucun résultat, aucun changement positif.

J’imagine que c’est ce que Cendrillon a dû ressentir quand, après s’être donné beaucoup de mal pour préparer ses sœurs pour le bal, elle les a vu partir sans un mot de remerciement, comme si de rien n’était, en la laissant sur le carreau.

Dans la version des frères Grimm, sa belle-mère lui avait même promis qu’elle pourrait les accompagner si elle arrivait à trier en une heure les pois et les lentilles (qu’elle avait elle-même répandus dans la cendre).

Seulement, une fois le travail accompli, la marâtre lui a ri au nez en lui reprochant ses vilains habits.

conte de fées grimm

Espoirs déçus, paroles blessantes, promesses non tenues…

Je pense que nous avons tous connu, à plus ou moins grande échelle, ces moments de grand découragement, quand nous sommes tout simplement allés au bout de ce que nous pouvions donner et que nous nous rendons compte que la bonne volonté ne suffit pas.

Mais j’ai une bonne nouvelle pour vous :

C’est à ce moment-là que la marraine la bonne fée entre en scène et que Cendrillon reçoit ses somptueuses toilettes pour se rendre auprès du prince !

Il ne s’agit pas d’un simple effet narratif

Cela nous dit quelque chose de la vie spirituelle :

Lorsque nos efforts paraissent insuffisants, vains, ou réduits à néant, la grâce de Dieu prend le relais et vient à notre secours pour y suppléer.

Cendrillon n’avait ni les moyens de rejoindre le château du prince, ni les vêtements appropriés pour paraître au milieu de la noble société.

C'est-à-dire que, comme nous, elle a fait l’expérience de son impuissance et de sa pauvreté

La marraine la bonne fée (que l’on rencontre dans la célèbre version de Perrault) a alors transformé une citrouille en carrosse pour l’y conduire et a même fait de ses habits une superbe tenue de bal afin qu’elle n’ait pas à rougir dans une si honorable compagnie.

conte de fées perrault

Ainsi, la grâce divine nous porte, nous relève et nous élève, et elle nous introduit elle-même dans ce qui est inaccessible à nos propres forces : le Royaume de Dieu et la compagnie du Prince des Cieux !

(Ce que j’appelle la grâce, c’est la manifestation de l’amour du Seigneur pour nous.)

Remarquez que cette grâce ne fait pas les choses à moitié :

Non seulement Cendrillon a pu entrer sans encombre au palais du roi, mais elle y a  été reçue avec les honneurs, elle a passé tout son temps avec le prince et, elle qui n’avait rien, a été la reine du bal !

Rien ne se perd

Ne pensons pas que le Seigneur soit insensible à la peine que nous prenons pour lui ;

Ni que nos efforts tombent dans l’oubli, sans avoir eu d’effet.

C’est tout le contraire !

Nous le voyons dans l’épisode de « L’offrande de la veuve » rapporté par St Marc dans son évangile :

(Voir aussi l’évangile selon St Luc, chapitre 21, versets 1 à 4)

" Jésus s'assit en face des troncs à offrandes du temple, et il regardait comment les gens y déposaient de l'argent. De nombreux riches donnaient beaucoup d'argent.
Une veuve pauvre arriva et mit deux petites pièces de cuivre, d'une valeur de quelques centimes.
Alors Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je vous le déclare, c'est la vérité : cette veuve pauvre a mis dans le tronc plus que tous les autres. […] » "

Marc 12, 41-43

Cette veuve pauvre n’a donné que quelques centimes et pourtant le Seigneur accorde à son obole une valeur immense.

Pour donner une idée de cette valeur à ses disciples, il leur dit qu’elle a mis dans le tronc plus que les grandes richesses déjà collectées.

En effet, il connait sa situation, et il sait la misère dans laquelle elle se trouve.

C’est pourquoi il est d’autant plus touché par son geste, et c’est pourquoi cette offrande est si précieuse à ses yeux, même si, matériellement, il ne s’agit que de deux petites pièces de cuivre.

C’est ainsi que le Seigneur prend en compte notre peine, et qu’il regarde avec un grand amour ce que nous faisons pour lui, même si cela paraît insignifiant.

Lui qui nous exhorte à faire fructifier ce que nous avons reçu (Cf. Matthieu 25. 27), ne fera-t-il pas fructifier pour le Royaume tout ce que nous lui offrons, à la mesure de sa puissance et de son amour ?

La robe de bal du conte de fées ou le vêtement de noces de l’évangile

Connaissez-vous la parabole du repas de noces ? On la trouve dans l’évangile selon St Matthieu (chapitre 22, versets 1 à 13)

la parabole du repas de noces

C’est l’histoire d’un roi qui avait préparé une grande fête pour les noces de son fils. Mais les amis qu’il avait conviés déclinèrent son invitation, en disant qu’ils avaient autre chose à faire.

Alors le roi demanda à ses serviteurs d’aller dehors, à la croisée des chemins, pour inviter à la noce tous ceux qu’ils rencontreraient, sans distinction, afin que la salle de banquet soit remplie.

Qu’y a-t-il de plus triste en effet que d’avoir préparé une belle fête et de se retrouver sans personne pour en profiter ?

Les serviteurs firent ce qu’il avait dit et invitèrent une grande foule de gens.

Entré dans la salle pour saluer ses convives, le roi aperçut quelqu’un qui ne portait pas le vêtement de noces.

Il s’approcha de lui et lui demanda : « Mon ami, comment se fait-il que tu ne portes pas le vêtement de noces ? »

Mais l’homme ne lui répondit pas. Alors le roi le fit jeter dehors.

Pourquoi le roi réagit-il ainsi ?

J’ai trouvé une information intéressante à ce sujet dans le très bon livre d’Alfred Kuen, Comment interpréter la Bible :

« Au  Moyen-Orient, il arrive que, dans certains cas, la famille du fiancé fournisse des habits spéciaux à tous les invités de la noce qui doivent obligatoirement les porter. »

Il est évident que la parabole fait référence à ce cas-là.

J’ai alors songé à Cendrillon, qui n’avait pas de robe pour se rendre au bal et à qui la marraine la bonne fée en a procuré une.

Ne se trouve-t-elle pas exactement dans la même situation que les invités de la noce ?

Imaginez qu’elle ait délibérément refusé le cadeau de sa marraine, et qu’elle se soit présentée au palais du roi pour participer à la somptueuse réception affublée de ses vieux habits.

Imaginez que, par une bonté vraiment extraordinaire, elle n’ait pas été refoulée à l’entrée, et qu’une fois à l’intérieur, elle ait rencontré le roi.

Celui-ci, au lieu de se mettre en colère à cause du manque de respect que pourrait traduire sa tenue, l’aborde aimablement en lui demandant pourquoi elle n’a pas revêtu un vêtement de fête.

Peut-être est-ce un oubli ou une ignorance ? Dans ce cas, ce serait facilement réparable.

Mais il n’obtient aucune réponse.

Pas une excuse, pas une explication, pas un regret, pas même un remerciement… rien !

On serait fâché à moins !

à propos de la marraine la bonne fée

Nous avons dit précédemment que la marraine la bonn​e fée pouvait représenter tous ceux qui, étant proches du Christ, aident l’âme de bonne volonté à entrer dans son Royaume et à jouir de son intimité.

C’est pourquoi elle me fait tant penser à la famille du fiancé​​​dans cette parabole.

Sans compter que, dans la version de Grimm, on ne dit pas que Cendrillon va « au bal », on dit qu’elle va « à la noce » !

Le cadeau de mariage de la petite Poucette

Il y a une autre image de conte de fée qui me permet de mieux comprendre la parabole du vêtement de noces : c’est le mariage de la petite Poucette.

A la fin du conte d’Andersen, notre héroïne épouse le prince des fleurs, un être de la même taille qu’elle qui ressemble à un ange.

Le peuple des « anges des fleurs » offre alors à la jeune fille des cadeaux pour son mariage et notamment une magnifique paire d’ailes grâce à laquelle elle peut voler de fleur de fleur.

Ce cadeau qu’elle reçoit, pareil au vêtement de la parabole, a l’avantage de combler l’écart qui existe entre elle et son époux car, par elle-même, elle n’est pas capable de voler comme lui.

conte de fées Andersen

C’est ainsi que l’amour du prince la revêt d’une nouvelle dignité…

Dans cette histoire, les anges des fleurs sont un peu comparables à la famille du fiancé : ils donnent à  Poucette les ailes dont elle a besoin pour demeurer avec le prince, afin que sa pauvreté ne soit pas un obstacle à son bonheur.

C’est aussi comme cela que le Seigneur agit envers nous.

Son amour nous élève et nous comble de la même façon afin que, si nous le voulons, rien ne nous empêche de nous unir à lui !

On remarquera peut-être que la petite Poucette n’a pas le même statut que l’homme dans la parabole : il n’était qu’invité alors qu’elle est l’épousée…

Mais ce qui est amusant, c’est qu’on retrouve ces deux statuts chez Cendrillon : invitée au bal, elle devient l’épouse du prince… comme s’il s’agissait des deux facettes d’une même réalité !

Et en parlant de Cendrillon, savez-vous…

Pourquoi le carrosse de Cendrillon redevient citrouille à minuit ?

conte de fées cendrillon

J’ai ma petite idée là-dessus…

Un jour, j’ai lu l’histoire (vraie) d’un homme qui, peu de temps après avoir brillé lors d’une conférence importante, a enduré une situation humiliante à la suite d’un malentendu.

Et cela m’a rappelé une expérience que j’ai vécue lorsque j’étais adolescente :

Invitée à Paris pour faire une séance de dédicace dans le cadre de la sortie de mon livre « Le monde merveilleux de Myriam », j’avais manqué une journée de cours pour aller chez mon éditeur.

Lorsque je suis retournée au collège le lendemain matin, j’étais encore sur un petit nuage, tout excitée par ma récente escapade dans le grand monde…

C’est là que mon prof de sciences nous a distribué les feuilles d’une interro surprise…

Et je me suis alors aperçue, à ma grande honte, que j’avais complètement oublié de réviser ma leçon et que j’étais incapable de remplir une ligne ! 

J’étais comme Cendrillon qui revient du bal, et qui, après avoir été sous les feux des projecteurs, retrouve tout à coup son existence humble et banale… mais je pense que le contraste a dû être moins dur à vivre pour elle que pour moi !

C’est sans doute cette réalité-là que décrit Perrault

Notre vie présente est pleine de fluctuations.

Un jour nous sommes les rois de la fête, le lendemain des travailleurs anonymes (et vice-versa).

Un jour nous pouvons être comblés de louanges, et un autre, couverts de mépris (et vice-versa).

Personnellement, je trouve un certain réconfort dans le fait de savoir que la vie est ainsi composée de hauts et de bas.

Cela m’aide à apprécier les moments de joie lorsqu’ils me sont donnés et à accepter les moments difficiles lorsque j’y suis plongée.

Comme le dit très bien L’imitation de Jésus-Christ :

« Tant que tu vivras, tu seras sujet aux changements […] mais l’homme sage et instruit des voies spirituelles se tient au-dessus de ces changements. […]
C’est ainsi qu’au milieu du tourbillon d’événements divers, fixant sur [Dieu] seul ses regards, il demeure inébranlable et toujours semblable à lui-même. »

Troisième partie, chapitre 33

Le mystère des pantoufles de verre

Une chose reste étonnante dans le récit de Perrault:

Lorsque l’enchantement de la marraine la bonne fée a pris fin, les pantoufles de verre qu’elle avait données à Cendrillon n’ont pas disparu.

L’une a été ramassée par le prince, l’autre est restée en possession de la jeune fille.

Il me semble que cette pantoufle a été laissée à Cendrillon pour 2 raisons :

  • D’abord, c’était une preuve que ce qu’elle avait vécu n’était pas un rêve.
  • Ensuite, c’était une source d’espérance pour l’avenir. En effet, grâce à ces pantoufles, le prince a pu finalement la retrouver et la prendre avec lui.

C’est aussi ce qui se passe dans la vie spirituelle

La plupart du temps, nos jours s’écoulent de manière toute simple, sans éclat particulier, dans l’accomplissement de nos devoirs respectifs.

Mais de temps en temps, nous pouvons vivre des moments spéciaux, des moments de grâce.

Ils ne durent pas longtemps, sans doute pas plus longtemps que la magie de la marraine la bonne fée, mais ils éclairent notre route d’une manière nouvelle…

Ils sont pareils à des fenêtres ouvertes sur notre vocation éternelle ;

Ce sont des moments de rencontre avec Dieu.

C’est pourquoi le temps n’a pas de prise sur eux :

La vérité qu’ils renferment demeure toujours intacte.

Nous pouvons les conserver dans notre cœur, comme Cendrillon a gardé en secret sa pantoufle de verre… et nous fier à la promesse qu’ils représentent : car toutes les grâces que nous recevons sont des gages d’amour du Seigneur.

Et tout comme le prince a lui aussi conservé la pantoufle de Cendrillon, ainsi le Seigneur garde précieusement en ses mains protectrices la noblesse et la dignité qu’il a décelées en nous, même si celles-ci restent cachées aux yeux du monde (et aussi à nos propres yeux).

Car selon la belle expression de Perrault dans Peau d’Ane,

« Les traits que l’amour a tracés / Toujours présents à sa mémoire/ N’en seront jamais effacés ».

Conclusion : oui, notre vie est un conte de fées !

Si on s’en tient aux apparences, les contes de fées sont des récits très fantaisistes.

Un prince qui épouse une pauvresse qu’il vient de rencontrer, des fées qui mettent tout leur pouvoir au service des humains, cela n’a pas de sens !

Mais les invraisemblances que l’on peut reprocher aux contes de fées cessent d’exister dès qu’on se place du point de vue spirituel, parce que l’histoire qu’ils racontent, c’est en réalité celle de notre Salut.

Par exemple, on ne s’étonnera plus qu’un prince vienne rechercher l’élue de son cœur parmi les gens de basse condition, si on considère que le fils de Dieu est descendu sur terre par amour pour nous !

Ni que ce prince épouse finalement sa dulcinée avec la bénédiction de la famille royale, sans aucune considération pour le rang et la fortune ;

En effet, le Père lui-même a envoyé son Fils pour nous sauver et nous faire entrer en possession de son Royaume…

conclusion conte de fée

Et que dire de la jeune héroïne qui accepte de suivre son prince sans poser de questions ?

N’est-elle pas semblable à l’âme qui a reconnu la voix de son Seigneur et qui sait que son bonheur se trouve auprès de lui ?

Je dirais donc que notre vie ressemble fort à un conte de fées… et que ces histoires illustrent en fait la même réalité radieuse :

Le jour viendra où le Seigneur nous fera chercher dans notre humble demeure, et, nous passant la bague au doigt (pour reprendre l’image de Peau d’Ane) ou la pantoufle au pied (pour reprendre l’image de Cendrillon), il nous élèvera pour que nous soyons tout près de lui…

En attendant ce jour bienheureux, vivons avec humilité, simplicité et courage notre vie ici-bas en sachant que Dieu ne nous abandonne pas !

à vous la parole !

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Avez-vous déjà vécu des moments de grâce où vous avez senti la présence du Seigneur, où vous l'avez vu à l'oeuvre dans votre vie ?

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