Le conte de fée un guide pour la vie spirituelle

Pourquoi les contes de fées sont-ils si populaires ?

Que nous apprennent-ils ? Servent-ils seulement à divertir et à éduquer les jeunes enfants ?

Un jour, j’ai réalisé que les contes de fées, à l’instar des paraboles de l'évangile, renfermaient un sens plus profond, qu’ils parlaient de nous et de notre vie avec Dieu.

Forte de cette intuition, je me suis mise à décrypter des contes connus et moins connus…

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Dans cet article, je vous montrerai :

  • Les rapprochements que j’ai pu faire entre les contes de fées et ce qui se passe dans la vie réelle
  • Comment on peut comprendre les figures symboliques de la bonne fée, du prince charmant et de la vaillante héroïne
  • Comment cette interprétation des contes nourrit ma foi, éclaire mon regard sur la vie et m’aide à surmonter les épreuves, à faire face aux moments difficiles

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La trame classique d’un conte de fées

Les contes, on le sait, sont des récits imaginaires. Ils se passent dans un univers merveilleux, hors du temps, peuplé de rois et de princesses, où les animaux parlent et où les fées interviennent dans la vie des humains.

Le personnage principal, souvent une jeune fille douce et vertueuse, après avoir vécu bien des épreuves et avoir été injustement persécutée, inspire un amour inconditionnel à un fils de roi qui l’épouse et l’emmène dans son royaume.  

Quel est le rapport avec la vie que nous menons ?

En réalité, je pense que les contes de fées nous livrent un enseignement précieux. En employant un langage imagé, ils racontent une aventure intemporelle, dans laquelle chacun peut se retrouver : celle de notre âme…  

Cette histoire, qui porte en elle la promesse d’un heureux dénouement, c’est précisément le sens de notre vie sur cette terre.

Le prince charmant, une figure du Christ

Quand j’ai commencé à me pencher sur l’analyse du conte de fées, je n’ai pas tardé à remarquer des similitudes entre le personnage du prince et la figure du Christ : un fils de roi, plein de noblesse et de grâce, dont le cœur est passionné d’amour… cela ne vous rappelle rien ?

Pour moi, le rapprochement était évident, d’autant que la Bible mentionne souvent le Christ sous le nom de l’époux.

Ainsi St Paul, après avoir cité la Genèse pour évoquer le lien qui unit un homme à son épouse, déclare dans l’épitre aux éphésiens :

« Ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Église. »

éphésiens, 5.32

Jésus lui-même prend l’image des noces pour parler de la vie spirituelle dans plusieurs paraboles. Et lorsque des Pharisiens lui demandent pourquoi ses disciples ne jeûnent pas comme ceux de Jean-Baptiste, il répond de manière assez explicite :

« Les compagnons de l’époux peuvent-ils jeûner pendant que l’époux est avec eux ? »

Marc 2.19

Quant à Jean-Baptiste, qui a désigné Jésus comme étant le Messie que tous attendaient, il se compare à « l’ami de l’époux », c’est-à-dire celui qui, selon la coutume du mariage hébraïque, sert d’intermédiaire entre les fiancés avant le jour J.

« Moi, je ne suis pas le Christ, mais je suis celui qui a été envoyé devant lui. Celui qui a l'épouse est l'épouxquant à l'ami de l'époux, il se tient là, il l'écoute et la voix de l'époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. »

Jean 3.28-29

En fait, ce parallèle n’est pas nouveau.

L’Ancien Testament regorge d’expressions propres à l’union conjugale que le Seigneur utilise pour décrire l’alliance privilégiée qu’il a voulu conclure avec Israël, notamment dans les livres prophétiques d’Isaïe et d’Osée.

D’ailleurs, la tradition juive a toujours vu dans le livre du Cantique des Cantiques, qui relate les échanges amoureux d’une jeune fille et de son bien-aimé, une métaphore de la relation qui existe entre Dieu et son peuple.

Mais on peut comprendre cette métaphore à un niveau individuel : la bien-aimée, c’est aussidans une perspective plus personnelle, celui ou celle qui désire vivre sa vie en communion avec le Seigneur, c’est l’âme que Dieu aime. 

Un détail qui confirme la règle

A la fin du dessin animé de Walt Disney Blanche-Neige et les 7 nains, on voit le prince qui, après avoir rendu Blanche-Neige à la vie, part avec elle dans son royaume.

Or, dans cette séquence, le château du prince ne se trouve pas au même niveau que les personnages, sur la terre.

Il se situe dans le ciel.

De plus, il est tout resplendissant de lumière… une vision du Royaume de Dieu ?

Le « happy end » du conte de fées : l’accomplissement d’une destinée

Enthousiasmée par cette découverte, je repense à une scène du film Cendrillon de Walt Disney (celui de 2015).

C’est un film que j’apprécie, parce que, même s’il est très féérique, on y trouve de bonnes réflexions sur la vie.

Après avoir transformé la citrouille en carrosse, la marraine la bonne fée recommande à Cendrillon de ne pas tarder à se rendre au palais.

Et elle ajoute, en employant l’impératif :

« Tu dois te rendre à ce bal ! »

J’avoue que cette réplique m’a intriguée.

On a l’impression que le bonheur futur de Cendrillon dépend de sa présence à ce bal et que, si jamais la jeune fille n’était pas au rendez-vous, elle louperait l’occasion d’accomplir son destin, qui est d’épouser le prince.

Jusque-là, j’avais toujours considéré le mariage final avec le prince charmant simplement comme une heureuse conclusion, ou comme la récompense de l’héroïne qui a su rester bonne et serviable malgré les aléas de la vie.  

Mais cette phrase m’ouvre tout-à-coup de nouveaux horizons :

Et si cette union n’était pas une récompense, mais le but du voyage ?

Exactement comme la vocation de notre âme est d’être unie à Dieu…

Ce n’est pas seulement un « happy end » : c’est ce vers quoi tend toute notre vie !

happy end conte de fées

Tout a commencé par un appel

 Un jour, j’ai lu un verset très touchant dans le livre de Jérémie :

  « Je t'ai aimée d'un amour éternel [dit le Seigneur] ; c'est pourquoi je t'attire avec bonté. »

Jérémie 31.3

Voilà  peut-être ce que racontent les contes de fées : l’histoire de cet amour mystérieux entre Dieu et notre âme qui prend sa source dans l’éternité, et qui se prolonge jusque dans l’éternité.

C’est ce que me suggère la petite phrase qui termine la plupart des contes traditionnels et que, jusqu’à présent, j’avais toujours trouvé énigmatique :

« Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps »

N’est-ce pas une très bonne description de la vie éternelle ?

Si l’épilogue du conte de fées est une évocation de la vie éternelle, ne peut-on pas en conclure que le conte lui-même est une image de notre vie sur cette terre, une image de notre vie spirituelle ?

Le rôle de la marraine la bonne fée

Mais si le conte de fée reflète bien l’histoire de notre vie, avec notre âme comme héroïne et le Seigneur comme prince charmant, qui donc peut-on reconnaître dans le personnage de la marraine la bonne fée ?

Tout simplement tous ceux qui, dans le Ciel et sur la terre, nous aident à réaliser ce bienheureux destin, qui est de nous rapprocher de Dieu et de vivre en communion avec lui, et ce malgré tous les obstacles que nous pouvons rencontrer sur notre route.

Dans la tradition de l'église, les parrains et les marraines d’un enfant sont là pour l’inciter à s’ancrer dans la foi et à se tourner vers le Seigneur. Ce sont en quelque sorte des aides-cultivateurs de sa relation à Dieu.

D’ailleurs, en anglais parrain et marraine se disent respectivement godfather et godmother.

(god = Dieu ; father = père ; mother = mère)

Cependant, les parrains et les marraines sont aussi le signe d’une réalité invisible.

En effet, nous sommes constamment entourés de soutiens spirituels dont nous n’avons pas toujours conscience : les anges et les saints qui intercèdent pour nous, les amis et même les personnes inconnues qui nous portent dans la prière…

Mais le premier de ces soutiens, c'est avant tout...

Le Seigneur lui-même !

Car il nous aime tellement qu’il met tout en œuvre pour que nous puissions parvenir jusqu’à lui.

Tel la marraine la bonne fée, il nous conseille et il nous instruit, il nous guide et il nous fortifie…

C’est pourquoi j’aime à penser que les pouvoirs magiques de la marraine la bonne fée sont en fait une illustration de la grâce divine, ce don surnaturel qui sublime nos pauvres capacités et qui accomplit des prodiges !

épreuves de conte de fées, épreuves de la vie

Cela dit, ce n’est pas parce que nous bénéficions de la grâce de Dieu que notre vie est exempte de difficultés.

Et c’est bien ce que nous disent les contes de fées…

Blanche-Neige, par exemple, est victime de la jalousie de sa belle-mère, et cette maladie terrible va non seulement la chasser de chez elle, mais encore amener la reine à la poursuivre de sa haine. Elle tentera de l’assassiner 4 fois !  

Cendrillon est humiliée, maltraitée et rabaissée au rang de servante dans sa propre maison par les personnes mêmes qui auraient dû lui montrer de l’affection.

C’est aussi le cas de Rosette, une héroïne de la comtesse de Ségur : elle est rejetée dès son plus jeune âge par sa famille, qui fera tout son possible pour l’éloigner du prince Charmant, jusqu’à essayer de la tuer.

Quant à Peau d’Ane, elle est obligée de s’enfuir de son royaume pour échapper à un mariage inacceptable.

Vêtue d’une peau de bête pour cacher son identité (d’où son surnom), elle s’exile dans un pays lointain où elle trouve finalement de l’emploi dans une métairie. Seule, inconnue, sans ressources, la jeune fille doit travailler dur et subir les railleries des gens qui ignorent sa haute naissance.

Ce que cela m’apprend

Contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord, la magie n’empêche pas les héroïnes de conte de fée d’être en butte à toutes sortes de souffrances.

Au contraire, elles sont exposées à tant d’attaques que, sans le secours de la marraine la bonne fée (ou, dans le cas de Blanche-Neige, de ses amis les nains), la détresse, les persécutions et la solitude morale les auraient brisées.

Comme elles, notre âme est assaillie d’épreuves en cette vie, plus ou moins fréquemment et avec plus ou moins d’intensité.

Parfois, ce sont des épreuves extérieures, et souvent aussi des épreuves intérieures.

Nous devons faire face à des coups durs, vivre des situations difficiles, ou prendre des décisions qui nous coûtent.

Nous sommes guettés par la peur, le doute, le découragement, le sentiment d’injustice, peut-être même l’envie et la jalousie…

Et puis, nous sommes la cible des insinuations pernicieuses de l’Adversaire, qui tente de nous abattre en nous dévalorisant à nos propres yeux, et en nous faisant croire que notre place n’est pas auprès  de Dieu !

Pas plus que la marraine la bonne fée, le Seigneur ne supprime les combats de la vie.

Mais il est toujours là, à nos côtés, et il nous offre en toute occasion le secours et la grâce dont nous avons besoin pour triompher de ces épreuves, et pour marcher victorieusement sur la route qui nous conduit à son Royaume !

Un exemple : la danse de la princesse Rosette

En lisant L’histoire de la princesse Rosette de la Comtesse de Ségur, j’ai trouvé un passage qui montre comment les difficultés que nous vivons peuvent finalement nous servir et contribuer à la gloire de Dieu.

  princesse rosette conte de féeségur

Cela se passait pendant les fêtes que le roi et la reine avaient organisées en l’honneur des sœurs de Rosette.

Comme cette dernière, par sa beauté et surtout son bon caractère, retenait l’attention générale, ses sœurs voulurent l’humilier en lui demandant de danser après elles.

Elles prévoyaient un échec parce que Rosette avait été élevée à la campagne et n’avait jamais eu l’occasion de danser.

Le prince Charmant vint au secours de notre héroïne en lui proposant d’être son cavalier et en lui disant :

« Lorsque vous ne saurez pas un pas, laissez-moi l’exécuter seul. »

Ils exécutèrent alors tous deux une danse si gracieuse qu’ils provoquèrent l’admiration de tous et les princesses furieuses furent ainsi réduites au silence.

Que peut-on retenir de cette histoire ? 

  • Rosette n'est pas seule pour faire face au défi qui lui est lancé. Le prince Charmant vient à son secours et lui propose de se reposer sur lui. Ainsi, l’épreuve qui, dans l’esprit des méchantes sœurs, devait éloigner Rosette du prince les a au contraire rapprochés.
  • Ce qui aurait pu être pour la jeune fille une occasion de chute l’a au contraire comblée d’honneur.
  • Si Rosette sort victorieuse de l’épreuve, elle partage son succès avec le prince dont les qualités sont révélées aux yeux de tous. Le prestige de l’un rejaillit sur l’autre, et les témoins se réjouissent de voir une telle perfection.

Quand les flèches se changent en fleurs

Cet épisode me rappelle un extrait du dessin animé La belle au bois dormant de Walt Disney :

Alors que la princesse Aurore est tombée dans un profond sommeil, les fées Flora, Pâquerette et Pimprenelle vont libérer le prince Philippe, que Maléfique a fait prisonnier, afin qu’il puisse aller réveiller sa belle.

Tandis qu’ils s’enfuient tous les quatre, les serviteurs de Maléfique lancent contre eux une bordée de flèches. Le prince lève son bouclier et… la fée Flora, d’un coup de baguette magique, transforme les flèches destructrices en fleurs !

Je vois dans les deux scènes une même réalité spirituelle, une vérité réconfortante :

Les épreuves que nous vivons peuvent être changées par la puissance du Seigneur en bénédiction et en source de réjouissance.

C’est le cœur de notre foi : de la mise à mort d’un innocent sur le bois de la Croix, Dieu a fait une œuvre de rédemption pour tous les hommes. Il nous a ouvert le Ciel et il a supprimé le pouvoir des ténèbres sur nos vies.

Souvent, quand je ne sais pas comment faire face à une difficulté, ou que je ne me sens pas assez forte pour la surmonter, je repense à la danse de Rosette ; et je demande au Seigneur d’être mon partenaire et d’exécuter seul les pas que je ne peux pas faire.

Il m’a toujours exaucée.

Mieux encore, il s’est arrangé pour transformer ces buissons d’épines en brasiers de lumière qui ont éclairé et réchauffé mon âme.

feu article conte de fées

J’ai appris ainsi à mieux le connaître, à compter davantage sur sa force et sur son amour.

Ce n’est pas pour rien que j’ai comparé la grâce de Dieu à la magie de la marraine la bonne fée. Sa bonté peut opérer des merveilles, retourner des situations et faire tourner au bien même les choses qui sembleraient devoir nous nuire…

Alors, quand je traverse des moments difficiles, une pensée me redonne courage :

C’est de songer que mon épreuve deviendra bientôt sous l’action de la grâce une poignée de fleurs qui ajoutera à la louange du Seigneur !

Une citation de Sainte Thérèse de Lisieux

D’ailleurs, c’est ce que dit Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus (alias Ste Thérèse de Lisieux) dans un de ses poèmes, qui est aussi une prière :

Jésus, mon seul Amour, au pied de ton Calvaire,
Que j'aime chaque soir à te jeter des fleurs ! [...]

Jeter des fleurs, c'est offrir en prémices
Mes plus légers soupirs, mes plus grandes douleurs.

Mes peines et mes joies, mes petits sacrifices
Voilà mes fleurs ! [...]

Les pétales des fleurs caressant ton visage
Te disent que mon cœur est à toi sans retour
De ma rose effeuillée tu comprends le langage
Et tu souris à mon amour. [...]

Jeter des fleurs, redire tes louanges
Voilà mon seul désir en la vallée des pleurs [...]

Extrait du poème "Jeter des fleurs"
28 juin 1896

article conte de fée

Unissons donc nos épreuves au sacrifice du Christ, et soyons certains que, par Lui, elles deviendront fécondes en bien, pour nous et pour les autres… et qu’il changera les flèches en fleurs !

à suivre...

 Lire la partie 2

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